Ce que la naissance du secours en montagne nous apprend sur le leadership
Le secours en montagne avant le PGHM
Au début de l’alpinisme (milieu 19è siècle), les secours étaient improvisés et reposaient sur la communauté montagnarde : guides, montagnards et populations locales montaient aider les victimes, sans organisation formelle. Ces premières interventions, parfois dramatiques, illustrent l’absence d’un système professionnel et la difficulté d’intervenir efficacement dans un milieu aussi hostile.
Le tournant des années 1950
Après la Seconde Guerre mondiale, la démocratisation de la montagne a pour conséquence une explosion du ski et du tourisme d’altitude et une multiplication des pratiquants peu formés. Ainsi, les accidents deviennent :
Plus dangereux
Plus complexes
Plus médiatisés
Le système est à bout de souffle.
L’affaire Vincendon et Henry. En 1956, l’objectif de Jean Vincendon et François Henry, deux alpinistes de 24 et 22 ans, était de passer Noël au plus haut sommet d'Europe. Les deux alpinistes y laisseront la vie. Après s'être égarés sous le mont Blanc, dix jours de bivouac à 4000 mètres et la désorganisation des secours viendront à bout de leurs dernières forces. La tragédie, visible à la lunette depuis la vallée, a ébranlé le monde de la montagne et déclenché la professionnalisation du secours en altitude.
La création du PGHM
Pour répondre à ces besoins croissants, l’État décide de professionnaliser le secours en montagne. Il faut alors confier cette mission à un corps déjà présent sur tout le territoire, entraîné à l’action dans des environnements difficiles, et capable de former rapidement des équipes spécialisées : la Gendarmerie nationale.
Ainsi, en 1958, sont créés les premiers Pelotons de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM), avec une première implantation à Chamonix. Ces unités sont composées de gendarmes spécialement formés à l’alpinisme, au secours et à l’intervention en terrain difficile, prêts à intervenir toute l’année et en toutes conditions. C’est une révolution par rapport aux pratiques antérieures.
Face à l’imprévu, trois éléments deviennent essentiels :
L’anticipation
La coordination
La confiance
L’intérêt d’observer et de vivre l’expérience du PGHM est de mesurer la force d’un collectif en action, avec des métiers distincts : pilote, mécanicien de vol, médecin, secouristes, régulateurs, dans un contexte régulé qui valorise à la fois l’initiative et la modération collective. Une organisation qui porte et incarne l’idée de responsabilité et d’engagement.
Pour approfondir, écoutez notre podcast Learn from Altitude, co-produit par Globule Radio et Mountain Path.