Faut-il réapprendre le risque de tomber à nos enfants ? Comment ne plus avoir peur du vide ?
« Enfant, mes parents m’ont emmené partout.
Grimper, bivouaquer, randonner, faire de l’alpinisme, skier était un état naturel. Simple. Comme parents, nous avons essayé de transmettre ce goût de la nature et du risque maitrisé à nos enfants.
Mais ce n’est pas évident.
Sur fond de Covid et de crises multiples, nos sociétés ont développé une telle aversion aux risques, qu’il devient difficile d’exposer la jeunesse. Cette sur-protection est paradoxale car elle laisse un espace immense à l’immersion digitale comme seule alternative. Du réel au virtuel, l’enfermement cognitif empêche de penser le monde avec audace, d’affronter sa peur du vide comme une métaphore de nos peurs existentielles. Sidérés, nos sociétés du confort sont en burn-out lorsque les dangers de la guerre ou la fragilité de nos démocraties appellent à un sursaut d’audace, à une remise en question de nos croyances, à une aptitude à percevoir et gérer les risques.
Si nous voulons préparer les futures générations à la complexité et aux dangers qui viennent, alors nous devons ouvrir le cocon, les accompagner et les exposer à des risques dés l’enfance. S’éduquer au vide. Apprendre à mesurer le danger. Apprendre à marcher en équilibre. À grimper. Cette agilité physique aide à ouvrir une agilité cognitive et intellectuelle. Une plasticité émotionnelle aussi.
Alors osons éduquer nos enfants à la prise de risques. C’est le fondement de notre robustesse et de notre résilience futures. »
Blaise Agresti